élections américaines, enjeu politique… ou économique ?

Démocrate…Républicain ? Est-ce que la couleur politique du futur président américain sera d’une grande importance aux yeux des marchés ?
Si on se retourne sur les 4 ans que nous venons de traverser, la valeur du Dow Jones a plus que doublé, plus de 100% de performance en 4 ans…le dollar s’est sensiblement renforcé (euro à 1.50$ en 2009 contre 1.28$ actuellement), preuve que l’économie américaine a su se renforcer au sortir de la crise et drainer les investissements étrangers dans son économie.

A l’heure où l’Europe tergiversait sur les solutions à apporter à ce qui allait devenir la crise de la dette en zone euro, la réserve fédérale américaine lançait ses programmes d’assouplissement : QE1 et QE2. A l’heure où la croissance européenne est à l’arrêt et où la récession guette, la croissance US flirte avec les 2% en 2012… ce n’est certes que 2% mais c’est toujours 2%.

Le maintien à flot de l’économie américaine s’est toutefois fait au prix d’une hausse sensible de l’endettement (plus de 16 000 milliards de dettes en 2012, dépassant les 100% du PIB alors que le taux en zone euro avoisine les 90%). Certains estiment que l’efficacité des plans de relance a été limitée. Mais personne ne saurait dire quel aurait été le coût d’une relance à posteriori, c’est-à-dire une fois l’économie US entrée en récession, entraînant avec elle la plupart des économies développées et potentiellement certaines émergentes…

Peu importe le candidat qui sortira vainqueur des urnes, il sera confronté aux renégociations entourant le mur budgétaire et fiscal, le désormais fameux « Fiscal Cliff ».

L’heure des choix approche et c’est bien cela qui inquiète les marchés. Non pas une inquiétude ponctuelle, éphémère mais une inquiétude durable sur des négociations qui vont toucher au Saint des Saints : les dépenses de l’Etat fédéral et les impôts.

La dernière fois que ces « discussions » se sont ouvertes, à l’été 2011, les Etats-Unis ont vu leur note dégradée par l’agence Standard & Poor’s, et le Dow Jones perdre près de 17% de sa valeur en moins d’un mois. Même si l’accord avait été salué par le FMI, le spectacle affligeant offert par la classe politique a laissé des traces. Et il ne s’agissait à l’époque que d’une négociation entourant le relèvement du plafond de la dette… On parle cette fois de réductions des dépenses couplées à la fin d’avantages fiscaux (sans oublier qu’il faudra également relever une nouvelle fois le plafond de la dette) : effet ciseau garanti !

Une application brutale pourrait tout simplement entraîner l’économie du pays en récession, mais surtout jeter le discrédit sur la classe politique toute entière. A la glissade économique viendrait alors s’ajouter la crise de confiance ou crise psychologique que l’Europe connaît bien et dont elle peut mesurer les dégâts depuis 3 ans.

Donc au-delà du vote des minorités, de la symbolique des manches retroussées des candidats en meeting, des larmes du président, ce qui se joue réellement dans les mois qui viennent n’est ni plus ni moins que le maintien durable de la suprématie et de la superpuissance économique américaine face au géant chinois.

2013 sera un tournant économique majeur pour les Etats-Unis, attention au rendez-vous manqué…

Pierre-Antoine Dusoulier, Président Saxo Banque

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